Lumières des coeurs
Léna Jean-Petit-MatileMi-juin, c’est l’été qui approche à grands pas et l’excitation des beaux jours qui s’installe
doucement. On sent que quelque chose change dans l’air: les journées s’étirent, les soirées
deviennent plus douces, et l’envie de rester dehors prend naturellement le dessus. Souvent, la
météo est de notre côté, même si l’on se souvient encore de quelques éditions où il fallait ressortir
les bottes et composer avec la pluie et les chemins boueux. Mais aujourd’hui, samedi, troisième
jour de festival, le soleil semble enfin bel et bien au rendez-vous.
Dans ce décor retrouvé, difficile d’imaginer mieux qu’un festival au bord du lac. À tout moment,
on peut aller y faire un plouf ou simplement s’asseoir sur la rive pour regarder les autres en faire
autant. On peut aussi choisir de contempler cette vue magnifique, les montagnes qui l’entourent
et les reflets changeants sur son eau cristalline.
Alors après s’être rafraîchi.e, on s’installe ici, dans l’herbe, histoire de flâner un peu, de se reposer.
On commence gentiment à ressentir la fatigue accumulée. Les nuits ont été courtes, les journées
bien remplies, et les jambes se font parfois un peu plus lourdes. Allongé.e, la tête voilée par
l’ombre des arbres, on laisse filtrer quelques rayons de soleil danser sur notre visage. On ferme
les yeux et on se laisse porter par les bruits alentour, les couleurs changeantes qui apparaissent
sous nos paupières.
Et on se souvient de ce jardin poétique dans lequel nous a emmené.e.s Ben Mazué la veille, une
parenthèse comme on traverse une vie, le sourire aux lèvres et les larmes au coin des yeux. C’est
aussi cela, vivre un concert: le prolonger en soi, y repenser seul.e et le faire exister à sa manière,
avec cette certitude brûlante que nos coeurs battent encore.
📸 Mélanie Jenzer
Léna Jean-Petit-Matile