Au rythme de la Marée
Léna Jean-Petit-MatileVendredi 12 juin 2026
La Marée est la plus petite des grandes scènes de Festi’neuch, et cela ne diminue en rien l’intensité qui s’en dégage. Au contraire, il y a dans cet espace quelque chose d’insaisissable, une énergie qui ne dépend ni de la taille du lieu ni de la renommée des artistes.
Ici, la programmation met surtout en lumière des découvertes et des talents émergents. On arrive sans repères solides, parfois sans attente du tout, et c’est précisément là que la magie opère. Dans cette absence de projection, la musique s’installe autrement, avec une évidence organique : elle surprend et s’impose parfois avec une force inattendue, transformant des instants ordinaires en moments extraordinaires.
Très vite, l’espace lui-même participe à cette impression. Le sol légèrement incliné abolit les distances : où que l’on se place, on reste au plus près de la scène, pris dans un champ de vision continu, comme si rien ne venait jamais vraiment nous reléguer en arrière-plan. Dans ce cadre, le mouvement reste permanent mais jamais contraignant. On s’éclipse brièvement pour aller chercher un verre, puis on revient sans avoir l’impression d’avoir quitté l’ambiance. On perd ses ami.e.s, puis on les retrouve presque aussitôt, comme si le lieu lui-même empêchait vraiment de s’éloigner. On circule librement tout en restant constamment relié à l’ensemble.
La Marée apparaît comme une scène de passage autant que d’ancrage : elle échauffe avant d’aller vers plus grand, accompagne l’élan ou déchaîne juste avant de replonger ailleurs dans le festival.Il y a quelque chose de familier, de rassurant, qui nous ramène à une simplicité débordante.
Au fond, la scène de la Marée porte bien son nom : un flux naturel qui nous emporte sans qu’on ait besoin de trop se poser de questions. On n’y vient pas seulement écouter un concert, mais s’y laisser traverser par un rythme, un état, une manière d’être au festival, porté par ce simple désir d’être pleinement là, ici et maintenant.
📸 Marisa Baschiera
Léna Jean-Petit-Matile